Des livres à lire et à offrir

Jean-Paul partageant un coup de cœur…

Pour vos cadeaux de fêtes de fin d’année, Jean-Paul vous a préparé une sélection de livres pour les plus jeunes et une autre pour les adultes. Tous ces livres sont disponibles à la Librairie olympique. Ouverte tous les jours de 10h00 à 12h30 et de 15h00 à 19h30, y compris en cette période de fête le dimanche, elle vous accueille dans le strict respect des dispositions sanitaires : distanciation physique, port du masque et désinfectant pour les mains.

 

Pour les Jeunes

La Chenille qui fait des trous

Éric Carle – Traduction de Laurence Bourguignon
Ed. Mijade, collection Albums
13€

Quel goinfre‚ cette chenille! Jour après jour‚ elle croque‚ elle mord‚ elle perfore‚ creusant son tunnel de page en page. Un classique de 50 ans!

Pomme Pomme Pomme

Corinne Dreyfuss
Ed. Thierry Magner, collection Pim ! Pam ! Poum !
11€90

Pommier. Pomme. Poum ! Tombée. Croc ! Croquée… Ne reste alors que la graine qui, une fois arrosée, donnera à son tour un pommier… pour tout recommencer.
Pomme Pomme Pomme a reçu le prix Sorcières (tout-petits) ainsi que le prix Pitchou.

MA MAISON

Laëtia Bourget & Alice Gravier
Éditions des Grandes Personnes
À partir de trois ans
34 pages en accordéon
20€

“Pour venir jusqu’à ma maison, d’abord on prend le train.”
Dans ce bel album en accordéon, l’enfant prend le lecteur par la main et l’entraîne sur le chemin de sa maison. Au recto, on traverse le village, le pont, on longe la rivière… et l’on découvre la maison, nichée dans la verdure. Au verso, on pénètre dans la maison, on en visite toutes les pièces, le salon, la cuisine, la salle de bains, les chambres… et le jardin…
Une étonnante fresque, délicate et foisonnante, qui fourmille de détails.
Vous pouvez déplier ce livre au sol, le disposer en rond, et entrer dans “ma maison” pour y jouer. Au dos de la jaquette, sont reproduits des détails qu’il faudra aller retrouver dans les pages du livre. Un livre, une maison, pour jouer, observer et rêver, un univers empreint de poésie et de douceur…

Trois chats

Anne Brouillard
Ed. Sorbier – Ed. Seuil Jeunesse
12€90

Trois beaux chats noirs et blancs sont perchés sur une branche d’arbre. C’est amusant : ils ressemblent à des oiseaux !

Sous cette branche, il y a de l’eau vive et trois gros poissons orange qui narguent les matous.

Le premier chat a les yeux jaunes, le deuxième a les yeux verts et le troisième a les yeux bleus. C’est ce dernier qui est le plus dégourdi et qui va se jeter à l’eau le premier.

Mais les chats savent-ils nager ? Et que va-t-il arriver aux poissons ?

Les trois petits pourceaux – poche

Coline PromeyratJoëlle Jolivet
Ed. Didier Jeunesse, collection Les P’tits Didier
3-5 ans
5€50

Mais qui va là ? C’est le loup qui traverse le bois. Un loup qui souffle, qui crache et qui pète pour entrer dans chaque maison. Une version populaire française du célébrissime conte des Trois petits cochons, où le loup dévoreur de cochons finit dans la marmite du plus malin !

Bou et les 3 zours

Elsa Valentin & Ilya Green
Atelier du Poisson soluble
15€50

L’était une fois une petite Bou qui livait dans la forest avec sa maïe et son païe. Un jour elle partit caminer dans la forest pour groupir des flores.
Elsa Valentin : “J’ai voulu jouer avec le langage en mélangeant des mots inventés, des mots-valises, des mots d’un registre familier, et beaucoup de mots étrangers (Créole du Cap Vert, Wolof, Italien, Anglais…). L’idée était de créer un langage qui ne soit plus du français mais qui soit pourtant transparent et directement compréhensible, et qui soit plaisant à prononcer à haute voix.”

Le schmat doudou

Muriel Bloch & Joëlle Jolivet
Ed. Syros
5€50

Un conte joyeux sur l’attachement des enfants pour leur doudou fétiche, qu’un grand-père complice aide ici à faire durer presque éternellement.
Pour la naissance de Joseph, son grand-père, un tailleur qui habitait de l’autre côté de la rue, lui offrit une magnifique couverture cousue de ses mains. Joseph grandit mais ne s’en séparait jamais, c’était son schmat doudou, mieux, dégoûtant vraiment, sa mère le jeta. Vite ! Joseph le récupéra dans la qu’une peluche, il la traînait partout. Un soir, voyant le schmat doudou sale et déchirépoubelle et, ni vu ni connu, traversa la rue pour se rendre chez son grand-père…

Navratil

Olivier Douzou & Charlotte Mollet
Ed. du Rouergue
6€

Il s’appelait Michel Navratil. Il était l’un des derniers rescapés du naufrage du Titanic. Ce livre raconte son histoire à bord du géant mythique qui, un soir de 1912, est entré dans la légende.

 

Pour les adultes

La Voiture du paysage — Vies de Gustave Courbet

Lin Delpierre (photos) – François Laut (textes)
Ed. L’Atelier contemporain
Format : 21 x 25 cm
25 €

“Moi je connais mon pays et je le peins. Allez-y voir, vous reconnaîtrez mes tableaux.” Gustave Courbet
La voiture du paysage : c’est ainsi que Courbet désignait la carriole entraînée par l’âne Gérôme – du nom de son rival bonapartiste de Vesoul – à travers les paysages de son Jura natal. Munis d’une voiture tant soit peu plus puissante, l’écrivain François Laut et le photographe Lin Delpierre ont parcouru les plateaux et vallées de ce qui fut à la fois le terrain de son enfance, son « atelier ouvert » et, étendu à la Suisse, sa terre d’exil.
Aux cinq séries de huit photographies, regard contemporain sur le territoire pictural d’un peintre du XIXe siècle, répondent autant de textes qui élargissent le champ en puisant d’abondance aux écrits et aux peintures de Courbet. Le Jura y agit comme révélateur des nombreuses vies du peintre, des plus éclatantes aux moins connues.

Le labyrinthe au bord de la mer

Zbigniew Herbert
Traduction du polonais et avant-propos par Brigitte Gautier
Ed. Le Bruit du Temps
21€

Le labyrinthe au bord de la mer rassemble sept essais sur la Crète, la Grèce, l’Étrurie et la Rome antiques. Ce qui frappe d’abord, à la lecture de ces récits de voyage, c’est l’extraordinaire humilité de l’auteur par rapport à son objet. Ce qu’il déteste le plus dans la culture contemporaine, c’est l’arrogance avec laquelle elle croit pouvoir se passer de modèles (esthétiques ou moraux). Tout au contraire, Herbert ne craint jamais de se confronter aux plus grands chefs-d’œuvre du passé « qui bouleversent nos arrogantes certitudes ». S’il livre, de manière très vivante, son témoignage propre (n’hésitant pas à écarter les œuvres qui ne le touchent pas personnellement), il ne vise aucunement l’originalité dans le choix des œuvres qu’il décrit (tout un chapitre est consacré à l’Acropole).
Herbert fait preuve de la même humilité par rapport à la science historique dont il fait un très grand usage, même s’il en retrace les errements. Tenter de comprendre la civilisation minoenne, c’est aussi retracer l’histoire d’Evans, l’archéologue à qui l’on doit sa redécouverte.
Chacun des essais pose la question de la trace que laissent les civilisations, de leurs disparitions et de leurs redécouvertes, mais aussi de la vision qu’en ont les hommes du présent. Avec toujours cette hantise qui lui est propre, et qui provoque son émotion lorsqu’il découvre le mur d’Hadrien en Angleterre : où peut-on situer la frontière entre humanisme et barbarie ?

Manifeste incertain 9

Avec Pessoa. L’Horizon des événements. Souvenirs. Fin du Manifeste
Frédéric Pajak
Ed. Noir sur Blanc
Sélection prix Renaudot Essai 2020 – Sélection prix Hennessy 2020
23€

C’est une sorte de miracle si l’on a pu exhumer les écrits de Fernando Pessoa, retrouvés dans une malle. Désormais l’un des écrivains les plus célèbres de son siècle, Pessoa n’avait presque pas été publié de son vivant. Dans ce neuvième et ultime Manifeste incertain, nous assistons à l’éclosion, non seulement du poète portugais lui-même, mais de ses principaux « hétéronymes » — Ricardo Reis, Álvaro de Campos, Alberto Caeiro et Bernardo Soares —, dont il avait soigneusement créé l’œuvre et la biographie. Nous le découvrons en Afrique du Sud, durant sa jeunesse, puis à Lisbonne sous les traits d’un modeste employé de bureau. Mais qui donc se cache derrière ce personnage terne et effacé, qui n’aura connu qu’un seul amour, platonique et malheureux ?

Quittant le mode biographique, l’auteur nous entraîne également dans ses propres aventures, dans le Sahara, aux États-Unis, en Chine populaire et dans différents pays d’Europe. Unissant des voix distinctes, ce dernier Manifeste incertain explore biographie et autobiographie, narration et introspection, rêves et réalités, dans un récit délibérément labyrinthique jalonné de plus de deux cents dessins.

Haïkaï de Chine (frontispice Chu Ta)

Fouad El-Etr
ED. La Délirante
25€

Douze ans après un bref séjour en Chine, dont il avait rapporté des centaines de haïkaï, l’auteur nous invite à un voyage, jour après jour, dans son voyage, tirant de sa mémoire les essaims, comme d’une ruche, et de son imagination, des mots-abeilles qui bourdonnent avec une vigueur nouvelle dans ces pages, nourries des thés nombreux qui l’empêchent de dormir.

C’est un enchantement de voyager avec lui en prose et en poésie, de passer de l’une à l’autre si naturellement, sur les plus hauts sommets ou sous la neige, parmi les calligraphies et le parfum des temples, dans la discrète compagnie de Li Bai, Du Fu et Wang Wei, ses amis, qui lui répondent « par ellipses, pénombre et vers interrompus ».

Comment ne pas le suivre dans l’avion qui remonte, comme des échelles à saumons, les fuseaux horaires, jusqu’aux poissons rouges, bleus ou transparents, qu’il retrouve chaque soir devant l’aquarium de l’hôtel ; sur les toits volants, ou en pagode, surmontés de da’wen, qu’il rapproche des caractères, tout aussi incurvés, et habités, de l’écriture chinoise ; ou dans ses joutes poétiques avec des poétesses de Shanghai ou ses rencontres, également inopinées, de danseuses du Bolchoï gazouillant Pouchkine dans un bimoteur en détresse, et quelques jours plus tard flânant comme des flamants roses sur la Grande Muraille ?

C’est une visite in fine à une Chine absente, derrière la recherche forcenée de la modernité et du progrès, qui lui indique le chemin du retour, et qu’il nous fait découvrir comme les cigales quand elles font silence ou dans leur lumière intermittente les lucioles.

Poisson de roche.
Se faufile l’avion.
Et ressort des nuages.

Ébouriffé.
Sur la plus haute branche.
Après la tempête.

Dans le torrent.
Des neiges tressées.
Comme du coton.

A

Zukofsky
Ed. Nous
35€

Zukofsky disait de « A » : « ces mots sont ma vie » — il y aura consacré quarante-cinq années de travail. Œuvre majeure de la modernité américaine, « A » peut être lu à la fois comme un manifeste, le témoignage d’une vie traversée par les espoirs et les désastres du siècle dernier, une quête de l’amitié (Ezra Pound, William Carlos Williams) et un chant d’amour pour sa femme Celia.

Dans « A » se mêlent inextricablement la vie de Louis et de sa famille, les événements historiques du vingtième siècle, la musique, une réflexion morale et politique hantée par la présence textuelle de Marx et Spinoza. Les 24 sections qui composent « A » — 24 comme les heures d’une journée — révèlent une méthode de composition d’une grande audace, qui alterne le vers rimé, le vers libre, le collage, la correspondance, les citations, l’écriture théâtrale, l’écriture musicale…

Le modèle prosodique demeure le vers de Shakespeare, son modèle rythmique, l’art de la fugue et du contrepoint de Bach.

Louis Zukofsky (1904-1978) est l’un des plus grands écrivains américains du vingtième siècle. Il est à l’origine du mouvement « objectiviste », auquel sont associés Charles Reznikoff, George Oppen et Carl Rakosi. En 1928 il commence un long poème en 24 mouvements intitulé « A », qu’il achèvera en 1974 et qui deviendra, après sa mort, un livre culte. Les éditions Nous proposent ici la première édition complète de « A » en français — et la première traduction intégrale toutes langues confondues de ce classique de la modernité.

Portraits de Bordeaux

Jean-Pierre Bost – Louis Maurin – Jean-Michel Roddaz
Editions Confluences et Fédération Aquitania
38€

Revisiter Bordeaux à quatorze moments significatifs de son histoire, tel est le but de ces Portraits. Le lecteur est invité à arpenter ses rues, à découvrir ses monuments, à participer à ses turbulences, à comprendre ses faiblesses et à admirer ses succès, bref, à s’immerger pour un instant dans la vie d’une cité aux réussites inégales qui s’est néanmoins imposée depuis l’Antiquité comme une grande capitale au destin changeant selon les époques, mais toujours original. Cet arrêt dans le temps et sur image vise à retrouver les réalités de la ville telle que les contemporains ont pu les vivre : des contraintes matérielles les plus ordinaires aux plus belles manifestations de l’art et de l’esprit. Une telle approche explique le choix d’une recherche poussée de la documentation iconographique sur laquelle vient se greffer un texte qui l’explicite plus qu’il ne la commente. Ce livre de documents et d’images se veut destiné à un large public, des Bordelais curieux d’en savoir plus jusqu’aux visiteurs parfois venus de loin, désireux d’emporter un souvenir documenté et agréable des monuments et du paysage urbain qu’ils auront courtement découverts. Simultanément publié en français et en anglais.

L’Année du Singe

Patti Smith
Trad. de l’anglais (États-Unis) par Nicolas Richard
Ed. Gallimard
18€

L’année du singe se présente à la fois comme un récit de voyage à travers la Californie, l’Arizona, le Portugal et le Kentucky, un fantastique carnet de rêves et de conversations imaginaires, et une méditation lucide sur le passage du temps, le deuil et la compassion. Au fil de ses déambulations solitaires, Patti Smith déroule l’année 2016, l’année charnière de ses soixante-dix ans. Le souvenir des lieux se mêle au paysage intérieur de l’artiste, et tout ce qu’elle a vu, rêvé ou lu, coexiste dans ce pays des merveilles tout personnel. Elle croise ainsi un cortège de fantômes aimés et admirés, parmi lesquels Roberto bolaño, Jerry Garcia, mais aussi, et surtout, deux amis chers au crépuscule de leur vie : le dramaturge Sam Shepard et le producteur de musique Sandy Pearlman.
Patti Smith tisse avec pudeur et mélancolie la toile de cette année singulière marquée par des bouleversements intimes et politiques, sans jamais s’abandonner à l’apitoiement ni au désespoir. Elle célèbre au contraire l’art et les pouvoirs de l’imagination, offre sa sagesse optimiste et sa finesse d’esprit,
rappelant, s’il en était besoin, qu’elle est l’une des créatrices les plus talentueuses de notre temps.

Les Litanies de la Madone & autres poèmes spirituels

Biagio Marin
Ed. Conférences
23€

L’anthologie de poèmes de Biagio Marin (1891-1985) proposée à partir des trois volumes des Chants de l’île fait exister en langue française les poèmes d’un auteur de ce “carrefour capital” que furent Trieste et sa région. Ces poèmes délivrent une remarquable vision de l’existence, entre drame et apaisement, interrogeant inlassablement, dans Les Litanies de la Madone, les recès et l’actualité possible d’une figure tutélaire de la tradition italienne depuis Dante. L’édition, bilingue, donne aussi à voir et à entendre le dialecte gradese dans lequel Biagio Marin a choisi d’écrire la plupart de ses poèmes.
Ce volume voudrait inviter le public français à découvrir un auteur majeur, trop peu traduit jusqu’ici, dont l’aura poétique et intellectuelle a été saluée par des esprits aussi divers que Pier Paolo Pasolini, Carlo Arturo Jemolo, Giuseppe Prezzolini ou Claudio Magris. L’ouvrage ne se contente donc pas de faire exister en français des éléments importants d’une œuvre protéiforme ; son ambition est plus grande, celle d’une introduction décisive à un auteur d’exceptionnelle qualité.
Les poèmes recueillis sont précédés d’une préface d’Edda Serra, spécialiste de l’écrivain de Grado, et suivis d’une importante étude du traducteur, Laurent Feneyrou, qui présente toutes les facettes de l’œuvre et situe l’itinéraire propre de l’auteur dans le contexte de ce qu’on pourrait appeler les marches de la “Mitteleuropa”.

Portraits à vol d’oiseau

John Berger
Ed. L’Écarquillé
49€
Un recueil constitué d’un assemblage de romans, pièces de théâtre, monographies, articles de presse ou encore correspondances qui racontent en creux la vie et les écrits du critique d’art britannique J. Berger (1926-2017). Couvrant des siècles de dessin et de peinture, l’ensemble témoigne du lien essentiel entre la politique, l’art et l’étude plus large de la culture.

Le Jour baisse

Charles Juliet
Ed. P.O.L.
19€
« Pourquoi écrire un journal ? Je pourrais répondre : parce que je ne sais rien faire d’autre. En réalité, je sais pourtant que ce journal a sa source en ce qui me ronge depuis l’adolescence : la sensation douloureuse de la fuite du temps, du fait que rien ne demeure de ce que nous vivons. D’où la nécessité de garder des traces, de rassembler dans des mots, ce que je me refuse à voir disparaître. Une piètre sauvegarde qui ne m’a jamais abusé ! À ce besoin est associé la recherche exigeante de la connaissance de soi, la connaissance du psychisme humain. Recherche qui va de pair avec une lutte pour repérer mes entraves, accéder à une véritable liberté, à une pleine adhésion à la vie. » (C.J.)
Le jour baisse est le dixième volume du journal de Charles Juliet, après Gratitude (2017). Il couvre les quatre années de 2009 à 2012. Il est d’une grande diversité, dans la veine des précédents, plein de sagesse, d’expériences, d’ouverture au monde et, surtout, aux autres.
Mais plus particulièrement dans ce volume, Charles Juliet tient à s’exposer davantage, à parler de ce qu’il a longtemps tu : son épouse, sa famille, ses rapports avec celle-ci. Il relate ce que fut son année de P.C.B. (l’année préparatoire aux études de médecine), sa seconde session à cet examen. Une angoisse indicible. Échouer aurait été pour lui une tragédie. Arrêt des études et engagement dans l’armée. Pendant cette année, à son école d’enfants de troupe, il a eu des rapports difficiles avec un capitaine. Plus le rugby, plus une ardente faim de vivre, plus des tentations, plus un grand désordre dans la tête et dans le cœur.

Bergère des Collines

Florence Robert
Ed. Corti
18€

“Bergère des collines” est le récit d’une aventure de vie. Florence Robert, qui était calligraphe dans le Gers, après s’être inscrite à une formation agricole, est devenue bergère dans les garrigues du sud de la France. Elle nous conte avec passion la découverte d’un métier à part qu’elle a choisi pour « rouvrir les garrigues embroussaillées au profit de la biodiversité, des orchidées, de l’aigle royal ». Florence Robert nous fait partager ses longues méditations sur la nature et les paysages lors du gardiennage des brebis en hiver dans le vent froid ou dans la fraîcheur des nuits d’été. Nous l’accompagnons au cœur de sa bergerie où elle fait naître ses agneaux. Elle nous associe à ses interrogations d’éleveuse sur la mort des animaux.
Le récit reprend dix ans plus tard. La bergère débutante est devenue une agricultrice chevronnée. Nous revisitons avec elle, l’espace d’un printemps, les étapes décisives de toutes ces années : les premières estives, les transhumances à pied, la mort de son chien… Elle aborde, avec objectivité et sensibilité, les problèmes auxquels les éleveurs sont confrontés : de la présence des grands prédateurs au choix de consommer de la viande.
L’écriture de Florence Robert traduit ce cheminement où la plus immédiate matérialité côtoie la poésie naturelle du réel.
Bergère des collines se lit comme un roman d’aventure, entre actualité et intemporalité.

Histoire / histoires du Jazz dans le Sud-Ouest
De la Nouvelle-Orléans à la Nouvelle-Aquitaine (1859-2019)

Philippe Méziat – Emmanuelle Debur
Ed. Confluences
33€25

« Plongé dans ce qu’on a nommé “la musique classique du XXe siècle” dès le plus jeune âge, j’ai fini par rendre compte de cette singulière histoire. Journaliste puis reporter, j’ai même été jusqu’à partager cette passion en organisant des concerts ». C’est cet itinéraire que ce livre rapporte, en privilégiant les rencontres et les surprises et les cocasseries de la vie. Partant de là, Philippe Méziat et Emmanuelle Debur retracent 160 ans d’histoire du jazz à Bordeaux, Bayonne et dans l’ensemble de la région. A partir des années 1950, la découverte des Hots clubs, un concert de Duke Ellington, puis la présence d’autres grandes figures du jazz à Bordeaux. C’est plus tard, dans les années 1970, la grande aventure de Sigma, les débuts d’Uzeste Musical ou de Jazz in Marciac, et les portraits de disquaire, de graphistes, de musiciens qui font vivre le jazz dans le Sud Ouest. Après 1990, devenu critique jazz à Sud Ouest et à Jazz Magazine, Philippe Méziat suit tous les événements en région et rencontre les musiciens importants qui viennent jouer dans la région. Il crée, avec Philippe Brenot, le Bordeaux Jazz Festival dans les années 2000. Abondamment illustré, le livre navigue ainsi entre les souvenirs de Philippe Méziat et le travail historique d’Emmanuelle Debur, pour nous faire revivre une magnifique aventure musicale.
Enseignant, journaliste, écrivain, conseiller artistique, organisateur du Bordeaux Jazz Festival, Philippe Méziat est une figure majeure du jazz à Bordeaux et dans la région.
Emmanuelle Debur est journaliste et écrivain. Elle collabore au quotidien Sud Ouest, à Théâtre magazine. Elle est notamment l’auteure de Sigma, histoire d’un festival, aux éditions Atlantica (2017).

Le Banquet annuel de la Confrérie des fossoyeurs

Mathias Énard
Ed. Actes Sud
22€50

Pour les besoins d’une thèse consacrée à “la vie à la campagne au XXIe siècle”, l’apprenti ethnologue David Mazon a quitté Paris et pris ses quartiers dans un modeste village des Deux-Sèvres. Logé à la ferme, bientôt pourvu d’une mob propice à ses investigations, s’alimentant au Café-Épicerie-Pêche et puisant le savoir local auprès de l’aimable maire – également fossoyeur –, le nouveau venu entame un journal de terrain, consigne petits faits vrais et mœurs autochtones, bien décidé à circonscrire et quintessencier la ruralité.
Mais il ignore quelques fantaisies de ce lieu où la Mort mène la danse. Quand elle saisit quelqu’un, c’est pour aussitôt le précipiter dans la Roue du Temps, le recycler en animal aussi bien qu’en humain, lui octroyer un destin immédiat ou dans une époque antérieure – comme pour mieux ressusciter cette France profonde dont Mathias Enard excelle à labourer le terreau local et régional, à en fouiller les strates historiques, sans jamais perdre de vue le petit cercle de villageois qui entourent l’ethnologue et dessinent (peut-être) l’heureuse néoruralité de nos lendemains.
Mais déjà le Maire s’active à préparer le Banquet annuel de sa confrérie – gargantuesque ripaille de trois jours durant lesquels la Mort fait trêve pour que se régalent sans scrupule les fossoyeurs – et les lecteurs – dans une fabuleuse opulence de nourriture, de libations et de langage. Car les saveurs de la langue, sa rémanence et sa métamorphose, sont l’épicentre de ce remuement des siècles et de ce roman hors normes, aussi empli de truculence qu’il est épris de culture populaire, riche de mémoire, fertile en fraternité.

À la maison basse dans le creux

Francis Bugarin
Ed. Librairie olympique
22€

Jamais nommé, le personnage du livre assiste malgré lui au décès volontaire de sa mère qui avait indirectement exigé sa présence. Dans ses derniers instants, celle-ci employait le “on” qu’il percevait comme fusionnel. Prenant appui sur cette confusion, cette communion qui aurait pu être un gouffre, le texte est écrit à la troisième personne. Entre passé et présent, dans un style sensible, souvent poétique, une suite d’histoires, de confessions, d’expériences fragiles se trament, s’articulent pour chercher, dans un cheminement parfois étrange, le sourire perdu de la mère. À la place de ce sourire tant désiré, c’est au rire perfide de la mélancolie qu’il est confronté.