Vœux

 

Pour fêter la nouvelle année et annoncer le 23e Marché de la Poésie qui se tiendra du 4 au 9 mars 2022, Jean-Paul Brussac vous offre un poème :

C’étaient de braves garçons, les compagnons, ils ne se plaignaient
Ni de la soif ni de la fatigue ni du gel,
Ils faisaient comme les arbres et les vagues
Qui admettent le vent et la pluie,
Admettent le soleil et la nuit,
Et, au cœur du changement, demeurent sans changer

Georges Séféris
Mythologie (1933-1934)

 

Bonne et heureuse année 2022

 

 

 

Une réflexion sur « Vœux »

  1. Il faut battre la femme tant qu’elle est chaude
    Imbibés de leurs ivresses imbuvables, fatigués de leurs haines de papier mâché, de vieux démons enrubannés et parfumés sautillent sur la plage. Ils ont des petites peaux de porc cousues à l’angle des paupières pour y cacher leurs cauchemars moisis. Sous leurs pieds de matière plastique, le sable a la consistance de vagues croupies depuis longtemps sur les rides des plages mortes. Leurs sourires ont la clarté rapace du charbon. Quelques anges déhanchés comptent les points de suture. Ils boivent sec à même le toit rouillé des églises désertes et s’envoient à la tête des assiettes pleines de veuves oxydées en train d’astiquer leur instinct. Le porte-croix de service devait décider du montant de la recette. Après, c’était le rôle de la madone du premier étage que d’imputer les petits pelvis inguinaux sur de vieux ovules recyclés que les docteurs greffent sur les ailes de nez obèses. Sur le rebord de la dune, un ange énucléé retrousse sa jupe. Il décompte le nombre des sexes d’un troupeau d’ombres qui clignotent dans l’azur agoni. Il s’agit pour finir de broyer les cicatrices pour en extraire le jus. Des insectes de velours gémissent dans les plis de la chair endormie. Lorsqu’ils rêvent aux vivants les morts tremblent de terreur.
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